đżđȘ± Quand et comment utiliser le lombricompost au potager ? Nos pratiques Ă la ferme
Une fois le lombricompost récupéré, une question revient presque toujours :
« Et maintenant, quâest-ce que jâen fais ? »
Au printemps ? Ă lâautomne ? Pendant une plantation ? En surface ? Avec du paillage ?
Sur Internet, les rĂ©ponses ne manquent pas. On trouve des calendriers, des pourcentages et parfois mĂȘme des dosages prĂ©sentĂ©s comme universels.
Ă la Ferme HappyâVers, notre approche est devenue beaucoup plus simple : nous racontons ce que nous faisons rĂ©ellement sur notre terrain, sans transformer nos pratiques en recette applicable partout.
Parce quâentre un potager en Gironde, un balcon Ă Lille et une exploitation maraĂźchĂšre dans le Sud, les conditions ne sont Ă©videmment pas les mĂȘmes.
Alors ouvrons plutĂŽt notre carnet de terrain. đȘ±đ±
đȘ± Avant tout : quâest-ce que le lombricompost ?
Le lombricompost est une matiĂšre issue du lombricompostage.
Dans nos lombricomposteurs, des vers de compost, notamment Eisenia fetida, évoluent au milieu de matiÚres organiques adaptées.
Ăpluchures vĂ©gĂ©tales, carton brun et autres matiĂšres se dĂ©composent progressivement dans cet environnement oĂč cohabitent vers et nombreux autres organismes.
Au fil du processus apparaĂźt une matiĂšre sombre et fine : le lombricompost.
Nous ne le prĂ©sentons donc plus comme un « fertilisant », un « amendement », un « activateur biologique » ou un produit capable, Ă lui seul, dâobtenir un rĂ©sultat particulier sur une culture.
đ Composteur ou lombricomposteur : quelles diffĂ©rences et comment bien choisir ?
đ Quand utilisons-nous notre lombricompost ?
VoilĂ la question qui a donnĂ© naissance Ă ce PermaâTuto.
Et notre rĂ©ponse est probablement moins spectaculaire quâune recette miracle :
cela dépend de ce que nous sommes en train de faire.
à la ferme, nos activités suivent les saisons : plantations, semis, entretien des espaces, expérimentations autour des arbres ou encore ateliers pédagogiques.
Le lombricompost peut faire partie des matiÚres que nous utilisons lors de certaines de ces activités.
Mais nous ne considĂ©rons pas quâil existe une pĂ©riode universelle qui conviendrait Ă tous les jardins et Ă toutes les cultures.
Voici donc comment nous travaillons.
đ Ă lâautomne : une pĂ©riode importante dans notre organisation
Lâautomne occupe une place particuliĂšre dans le calendrier de la ferme.
Les cultures changent, les feuilles commencent à tomber, certaines plantations débutent et de nombreuses matiÚres végétales deviennent disponibles.
Câest aussi une pĂ©riode oĂč nous intervenons sur plusieurs espaces : potager, zones arborĂ©es et ForĂȘt NourriciĂšre.
Nous pouvons alors choisir dâutiliser du lombricompost dans certaines zones, gĂ©nĂ©ralement associĂ© aux autres pratiques mises en Ćuvre sur la ferme.
Mais attention : il sâagit bien de notre calendrier de travail, pas dâune prescription agronomique.
đ± Au printemps : semis, plantations et expĂ©rimentations
Le printemps change complĂštement le rythme.
Les semis se multiplient, les jeunes plants arrivent et le potager reprend une place importante dans nos activités.
Le lombricompost peut alors faire partie des matiÚres utilisées lors de certaines expérimentations.
PlutÎt que de proposer un pourcentage applicable à toutes les graines, nous préférons comparer.
Une espĂšce.
Plusieurs conditions.
Quelques contenants.
Puis nous observons ce qui se passe.
Quels plants évoluent ?
Dans quelles conditions ?
Comment réagissent-ils au fil des semaines ?
Expérimenter permet de comprendre ce qui se passe chez soi plutÎt que de reproduire automatiquement une recette trouvée ailleurs.
đ Retour sur notre atelier « Semis, plantations & lombrics »
đł Et lors de la plantation dâun arbre ?
Oui, nous utilisons parfois du lombricompost lorsque nous plantons des arbres Ă la ferme.
Lors de certaines plantations, nous choisissons de mélanger une quantité de lombricompost à la terre présente sur place.
Mais nous avons cessé de donner un dosage universel.
Pourquoi ?
Parce quâun jeune arbre fruitier, un plant forestier, une haie ou un arbre dĂ©jĂ dĂ©veloppĂ© correspondent Ă des situations diffĂ©rentes.
Le terrain, lâespĂšce, la saison et les conditions mĂ©tĂ©orologiques entrent Ă©galement en jeu.
Nous préférons donc dire :
« Voilà ce que nous avons fait dans cette situation »
plutĂŽt que :
« Voilà ce que vous devez faire chez vous. »
đ Lombricompost et plantation dâun arbre : ce que nous faisons Ă la ferme
đ„Ź Et lorsque les cultures sont dĂ©jĂ installĂ©es ?
MĂȘme principe.
Nous pouvons utiliser du lombricompost autour de certaines cultures présentes au potager.
Mais nous ne lui attribuons pas automatiquement un effet sur leur croissance, leur production ou leur résistance.
Nous regardons plutĂŽt le contexte.
Quelle culture est présente ?
Depuis combien de temps ?
Quelles matiÚres ont déjà été utilisées ?
Le terrain est-il couvert ?
Quelle est la météo ?
Quâavons-nous observĂ© les semaines prĂ©cĂ©dentes ?
Ces questions permettent surtout dâĂ©viter le rĂ©flexe :
« Ma plante a un problÚme, ajoutons quelque chose. »
Parfois, le plus utile est dâabord⊠de regarder.
âïž Et en hiver ?
En hiver, nos pratiques changent encore.
Les températures diminuent, certaines cultures disparaissent et le rythme général du jardin évolue.
Le lombricompost rĂ©coltĂ© peut alors ĂȘtre conservĂ© avant une utilisation ultĂ©rieure ou ĂȘtre utilisĂ© dans le cadre de certaines activitĂ©s de la ferme, notamment des plantations rĂ©alisĂ©es pendant cette pĂ©riode.
LĂ encore, nous adaptons simplement notre organisation aux travaux en cours.
Pas besoin de chercher absolument « le jour parfait pour utiliser son lombricompost ».
Le contexte compte davantage quâune date inscrite sur le calendrier.
đ Et le paillage dans tout ça ?
Ă la Ferme HappyâVers, lombricompost et matiĂšres vĂ©gĂ©tales se croisent rĂ©guliĂšrement dans nos pratiques.
Feuilles mortes, broyat, jonc, rĂ©sidus vĂ©gĂ©taux ou carton brun peuvent ĂȘtre utilisĂ©s selon les espaces et les ressources disponibles.
Nous aimons particuliÚrement une idée trÚs simple :
regarder ce que le lieu nous offre dĂ©jĂ avant dâaller chercher quelque chose ailleurs.
Les feuilles dâautomne peuvent rester dans certaines zones.
Les tailles dâarbres peuvent produire du broyat.
Des matiĂšres vĂ©gĂ©tales issues de lâentretien peuvent ĂȘtre rĂ©utilisĂ©es ailleurs sur la ferme.
Nous observons ensuite leur décomposition au fil des semaines et des mois.
đ DĂ©couvrir nos pratiques autour du paillage
đ€ MatiĂšres brunes, matiĂšres vertes : faut-il vraiment faire du 50/50 ?
Vous avez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ rencontrĂ© cette rĂšgle :
50 % de matiĂšres brunes + 50 % de matiĂšres vertes.
Elle peut servir de repÚre pédagogique dans certains contextes, mais la réalité des matiÚres organiques est plus nuancée.
Une feuille fraĂźchement tombĂ©e nâest pas identique Ă une feuille dĂ©composĂ©e depuis plusieurs mois.
Une tonte fraĂźche ne se comporte pas comme du broyat de branches.
Un carton nâest pas une feuille morte.
à la ferme, nous préférons donc observer la nature des matiÚres disponibles et leur évolution plutÎt que chercher à obtenir systématiquement un ratio mathématique.
đ Le meilleur outil ? Lâobservation
Câest probablement le fil rouge de tous nos PermaâTutos actuels.
Nous avons longtemps cherché nous aussi :
le bon dosage ;
la bonne période ;
le bon mélange ;
la bonne méthode.
Avec le terrain, notre maniÚre de transmettre a évolué.
Aujourdâhui, nous prĂ©fĂ©rons vous apprendre Ă regarder.
Si vous utilisez du lombricompost dans votre jardin, vous pouvez par exemple noter :
-
la date ;
-
la culture concernée ;
-
lâendroit ;
-
les matiÚres déjà présentes ;
-
les conditions météorologiques ;
-
ce que vous avez fait ;
-
puis ce que vous observez au fil des semaines.
Une simple photo prise rĂ©guliĂšrement au mĂȘme endroit peut devenir un formidable outil.
Et surtout : ne changez pas dix paramÚtres simultanément si vous souhaitez comprendre ce qui se passe.
Sinon, impossible de savoir ce que vous ĂȘtes rĂ©ellement en train dâobserver.
â ïž Quelques raccourcis Ă Ă©viter
â « Plus jâen mets, mieux câest »
Nous ne raisonnons pas ainsi Ă la ferme.
Une matiĂšre utilisĂ©e dans un contexte donnĂ© nâa pas besoin dâĂȘtre ajoutĂ©e en quantitĂ© toujours plus importante.
Nous préférons expérimenter progressivement et observer.
â « Le lombricompost remplace tout le reste »
Non.
Le jardin est constituĂ© de vĂ©gĂ©taux, de matiĂšres organiques, dâeau, dâorganismes et de nombreuses interactions.
Nous ne prĂ©sentons donc pas le lombricompost comme une solution unique capable de remplacer lâensemble des autres pratiques.
â « Si ça fonctionne chez quelquâun, ça fonctionnera chez moi »
Pas nécessairement.
Terrain, climat, végétaux et pratiques diffÚrent.
Un retour dâexpĂ©rience est intĂ©ressant prĂ©cisĂ©ment parce quâil raconte une situation donnĂ©e.
Il ne devient pas automatiquement une rĂšgle universelle.
â « Compost et lombricompost, câest pareil »
Non plus.
Les deux résultent de processus de décomposition de matiÚres organiques, mais leurs conditions de production diffÚrent.
Le lombricompostage implique notamment des vers de compost adaptés à cet environnement.
đ Composteur ou lombricomposteur : comprendre leurs diffĂ©rences
đ„ Et la phase de chauffe ?
Câest Ă©galement une distinction intĂ©ressante.
Un compost peut connaßtre une phase de montée en température importante au cours de son processus.
Dans un lombricomposteur accueillant des vers, nous cherchons au contraire à maintenir des conditions compatibles avec leur présence.
Les vers de compost ne peuvent pas rester dans une matiÚre dont la température devient trop élevée.
Câest dâailleurs lâune des raisons pour lesquelles il est utile de comprendre ce qui diffĂ©rencie compostage et lombricompostage, plutĂŽt que de considĂ©rer les deux comme interchangeables.
đ§Ș Faites votre propre expĂ©rience
Vous voulez vraiment comprendre comment intégrer le lombricompost à vos pratiques ?
Transformez une petite partie du jardin en zone dâobservation.
Choisissez deux situations comparables.
Documentez ce que vous faites.
Prenez quelques photos.
Revenez observer réguliÚrement.
Et surtout, évitez de chercher immédiatement à confirmer ce que vous espériez voir.
Regardez simplement ce qui se passe.
Câest exactement ainsi que nous travaillons Ă la ferme : nous expĂ©rimentons, nous observons et nous ajustons nos pratiques.
đ Une vision plus large : suivre le parcours des matiĂšres
Finalement, le lombricompost nâest quâune Ă©tape dâune histoire beaucoup plus longue.
Une épluchure arrive dans le lombricomposteur.
Une feuille tombe.
Un morceau de carton est découpé.
Des vers circulent dans les matiĂšres.
Celles-ci changent progressivement dâaspect.
Puis une partie du lombricompost obtenu peut rejoindre certaines de nos expérimentations.
Et lâobservation continue.
Câest probablement ce qui nous passionne le plus dans le lombricompostage :
suivre le parcours de la matiĂšre plutĂŽt que regarder uniquement le produit final.
đ± Alors, quand et comment utiliser le lombricompost ?
Si vous cherchiez une réponse du type :
« 500 grammes par mĂštre carrĂ©, tel jour de lâannĂ©e », vous allez peut-ĂȘtre ĂȘtre déçu. đ
Nous préférons vous donner une réponse plus utile :
commencez petit, observez et documentez.
Le lombricompost est une matiĂšre issue du lombricompostage que certains jardiniers choisissent dâintĂ©grer Ă leurs pratiques.
Ă la Ferme HappyâVers, nous lâutilisons dans diffĂ©rentes expĂ©rimentations au potager et autour de certaines plantations.
Mais la quantitĂ©, la pĂ©riode et la maniĂšre de lâutiliser dĂ©pendent du contexte rencontrĂ©.
Et câest prĂ©cisĂ©ment pour cela que le jardin reste passionnant :
il nous oblige Ă regarder avant dâappliquer une recette. đ±đȘ±
đż Envie dâaller plus loin ?
đ± DĂ©couvrir nos pratiques sur le terrain
đ Retour sur lâatelier « Semis, plantations & lombrics »
đ De champ maraĂźcher Ă jeune ForĂȘt NourriciĂšre : notre Ă©volution
đ Lombricompost et plantation dâun arbre : nos pratiques Ă la ferme
đȘ± DĂ©couvrir le lombricompostage
đ Produire votre propre lombricompost avec un lombricomposteur en bois Douglas
đ DĂ©couvrir notre lombricompost, matiĂšre issue du lombricompostage
đ DĂ©couvrir nos vers de compost
đ Se former ou construire un projet
đ DĂ©couvrir nos ateliers et formations
đ Voir les prochaines dates et animations
Parce quâau fond, utiliser du lombricompost ne commence peut-ĂȘtre pas par demander :
« Combien dois-je en mettre ? »
Mais plutĂŽt :
« Quâest-ce que jâai devant moi⊠et quâest-ce que je vais observer ? » đđȘ±đ±
