(vidéo 5 minutes)
đ§ La mare renaĂźt : une nouvelle Ă©tape en zone Natura 2000 đżđȘ±
VidĂ©o â 5 minutes
Cet article raconte avant tout une histoire de terrain : celle dâune mare situĂ©e au cĆur de la ForĂȘt NourriciĂšre HappyâVers, Ă Reignac en Haute-Gironde, dans un secteur Natura 2000.
Une mare qui, au fil du temps, était devenue de moins en moins visible sous les saules, les branches et les matiÚres accumulées.
Et puis Matthew est arrivé.
Il a Ă©tĂ© le premier Ă poser un regard particuliĂšrement attentif sur cet endroit. Il a observĂ© les saules tombĂ©s dans lâeau, ceux installĂ©s autour de la source et tout le long du cours dâeau jusquâĂ la mare.
Vu sa motivation et lâintĂ©rĂȘt quâil portait Ă ce coin du chantier, Seb et moi lui avons confiĂ© le projet.
Alors nous y sommes allĂ©s ensemble â Seb, Nohlann, Kylian, MaĂ«lle, Nora et Mahaba â pour voir lâĂ©tat rĂ©el du lieu, marcher le long du cours dâeau, observer les Ă©coulements⊠et rĂ©flĂ©chir collectivement Ă la mise en Ćuvre de ce quâil avait esquissĂ©.
Câest lĂ , les bottes dans lâhumiditĂ© et les yeux grands ouverts, que le chantier a vĂ©ritablement commencĂ©.
đ Pourquoi intervenir sur cette mare ?
Parce que lâeau raconte une partie de lâhistoire du lieu.
Avant dâagir, Matthew a dâabord cherchĂ© Ă comprendre ce qui avait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© auparavant. GrĂące Ă lâentretien des parcelles prĂ©cĂ©dentes, il a dĂ©couvert les sources, leurs tracĂ©s et les diffĂ©rents endroits par lesquels lâeau circulait.
Il a pris le temps dâobserver la flore, la faune et les mouvements de lâeau.
Sur le terrain, plusieurs éléments étaient visibles :
-
les saules occupaient largement certaines zones autour des sources ;
-
les écoulements étaient devenus difficiles à suivre ;
-
trĂšs peu de lumiĂšre atteignait certaines parties de la mare ;
-
branches et matiĂšres vĂ©gĂ©tales sâĂ©taient accumulĂ©es ;
-
la mare avait progressivement changĂ© dâaspect.
Ă partir de ces observations, nous avons pu discuter collectivement des interventions envisageables.
Le chantier a alors portĂ© notamment sur certains saules, les branches prĂ©sentes dans lâeau et plusieurs zones situĂ©es autour des sources.
Et aprĂšs les premiĂšres interventions, quelque chose de trĂšs concret est apparu : lâeau Ă©tait de nouveau visible dans des secteurs oĂč nous ne la voyions pratiquement plus.
Ce nâĂ©tait donc pas simplement un chantier de « nettoyage ».
CâĂ©tait dâabord un travail dâobservation, de comprĂ©hension et dâintervention ciblĂ©e sur notre terrain.
đż Ce que nous avons rĂ©ellement fait
Avant toute chose, prĂ©cision importante : ce rĂ©cit raconte notre chantier. Il ne constitue pas une mĂ©thode universelle dâintervention sur une mare.
Une mare, une zone humide et, plus encore, un espace situĂ© dans un secteur Natura 2000 nĂ©cessitent de tenir compte du contexte local et du cadre applicable avant dâentreprendre des travaux.
Sur notre terrain, nous avons notamment réalisé :
-
le retrait de certains saules tombĂ©s dans lâeau ;
-
des interventions sur des branches et végétaux présents autour des sources ;
-
un éclaircissement ciblé de certaines zones ;
-
le déplacement de bois et de matiÚres accumulées ;
-
lâobservation rĂ©guliĂšre des Ă©coulements avant, pendant et aprĂšs le chantier.
Nous avons volontairement avancé progressivement.
On coupe un peu.
On regarde.
On revient.
On compare.
Et parfois, on décide justement de ne pas intervenir davantage.
Parce quâune mare nâest pas un dĂ©cor que lâon remet simplement « au propre ».
Câest un espace oĂč lâeau, les vĂ©gĂ©taux et de nombreux organismes se rencontrent.
đž Une mare, ce nâest pas seulement de lâeau
Lorsque lâon reste quelques minutes prĂšs dâune mare, on comprend vite que lâeau nâest quâune partie de ce que lâon peut observer.
Selon les lieux et les pĂ©riodes de lâannĂ©e, diffĂ©rents organismes peuvent la frĂ©quenter : amphibiens, insectes aquatiques, oiseaux, petits mammifĂšres, chauves-souris ou autres animaux de passage.
La végétation change également entre les berges, les parties humides et les secteurs plus éloignés.
Et sous la surface ?
LĂ encore, tout un monde reste largement invisible Ă premiĂšre vue.
Câest prĂ©cisĂ©ment pour cela que ce chantier est devenu pour nous un formidable support dâobservation et de transmission.
đ Comprendre les mares naturelles, les zones humides et Natura 2000 : notre FAQ & glossaire
đȘ± La mare, le sol⊠et les vers
Ăvidemment, Ă la Ferme HappyâVers, il fallait bien que les vers finissent par entrer dans lâhistoire. đȘ±
Mais attention Ă ne pas tirer de conclusions trop rapides.
Autour dâune mare, les conditions rencontrĂ©es dans le sol peuvent varier selon la topographie, la saison, les prĂ©cipitations, la vĂ©gĂ©tation et la circulation de lâeau.
Nous pouvons notamment observer des diffĂ©rences dâhumiditĂ©, de matiĂšres prĂ©sentes en surface et dâorganismes selon les endroits.
Les vers de terre font partie de ces observations.
Cela ne signifie pas quâune mare « amĂ©liore le sol » ou crĂ©e automatiquement de meilleures conditions pour les vers.
Ce qui nous intĂ©resse ici est beaucoup plus simple : observer comment lâeau, le terrain, les vĂ©gĂ©taux, les matiĂšres organiques et les organismes se cĂŽtoient dans un mĂȘme espace.
Matthew avait surtout une intuition et une vraie curiosité pour ce projet.
Et il a énormément appris en faisant.
Observer.
Intervenir.
Revenir.
Comparer.
Corriger parfois.
Et surtout accepter que le terrain ne rĂ©ponde pas toujours comme nous lâavions imaginĂ©.
đł Une mare reliĂ©e au reste de la ferme
Lorsque lâon regarde une carte, une mare peut sembler ĂȘtre un petit point isolĂ©.
Sur le terrain, câest trĂšs diffĂ©rent.
Notre mare se trouve à proximité :
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de la prairie ;
-
du sous-bois ;
-
des clairiĂšres ;
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des haies sĂšches ;
-
de différents espaces aménagés ces derniÚres années.
Animaux, vĂ©gĂ©taux et eau ne sâarrĂȘtent Ă©videmment pas aux limites que nous dessinons entre ces diffĂ©rents espaces.
AprÚs les interventions réalisées autour de la mare et des sources, nous avons pu constater plusieurs changements visibles :
-
davantage de lumiĂšre atteint certaines zones ;
-
certains écoulements sont redevenus visibles ;
-
des secteurs auparavant trĂšs encombrĂ©s sont dĂ©sormais accessibles Ă lâobservation ;
-
lâaspect gĂ©nĂ©ral de la mare a Ă©voluĂ©.
Et maintenant ?
Nous observons.
Parce que quelques semaines ou quelques mois ne suffisent pas pour tirer des conclusions sur lâĂ©volution dâun tel milieu.
đ©đœđŸ Un formidable support pĂ©dagogique
Que lâon soit agriculteur, Ă©tudiant, enseignant, animateur, membre dâune collectivitĂ© ou simplement curieux, une mare permet dâaborder Ă©normĂ©ment de sujets directement sur le terrain.
On peut y parler :
-
du cycle de lâeau ;
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des zones humides ;
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des amphibiens ;
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des insectes ;
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des végétaux ;
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des sols ;
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des vers de terre ;
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des relations entre diffĂ©rents espaces dâun mĂȘme paysage ;
-
et bien sĂ»r de Natura 2000 lorsque le contexte sây prĂȘte.
Mais surtout, elle permet de faire quelque chose que nous considérons comme essentiel dans nos ateliers :
passer de la thĂ©orie Ă lâobservation.
On peut expliquer pendant une heure comment circule lâeau.
Puis on met ses bottes, on suit un petit Ă©coulement sur quelques dizaines de mĂštresâŠ
Et soudain, la discussion change complĂštement. đ§
đ Retrouvez notre FAQ pour comprendre simplement les mares, zones humides et Natura 2000
đż Une nouvelle Ă©tape, mais certainement pas la derniĂšre
Aujourdâhui, la mare est de nouveau beaucoup plus visible.
Mais lâhistoire ne sâarrĂȘte Ă©videmment pas lĂ .
Elle demandera encore :
-
de lâobservation ;
-
du suivi ;
-
des ajustements éventuels ;
-
et surtout du temps.
Comme beaucoup dâespaces de la ferme, ce nâest pas un projet que lâon peut considĂ©rer comme « terminĂ© ».
Les vĂ©gĂ©taux continueront dâĂ©voluer.
Les branches tomberont.
Le niveau de lâeau changera.
De nouveaux organismes apparaĂźtront peut-ĂȘtre tandis que dâautres seront moins visibles.
Et nous continuerons Ă regarder.
La vraie question nâest donc peut-ĂȘtre pas seulement :
« Comment intervenir sur une mare ? »
Mais aussi :
« Quâest-ce que ce lieu nous raconte lorsque nous prenons rĂ©ellement le temps de lâobserver ? »
đ Remerciements & transmission
Une mare ne se rouvre pas seule.
Il y a les heures passĂ©es Ă observer avant dâagir. Il y a les bottes dans lâeau froide. Il y a les branches tirĂ©es, coupĂ©es et dĂ©placĂ©es. Il y a les discussions parfois longues pour dĂ©cider quoi laisser⊠et quoi enlever.
Ă Matthew, pour lâĂ©lan quâil a eu sur ce coin du chantier et pour avoir tenu le cap jusquâau bout.
à Seb, pour son regard technique et sa présence dans les choix réalisés.
Ă Nohlann, Kylian et MaĂ«lle, pour la force de travail, la constance et lâattention portĂ©e aux dĂ©tails.
Ă Nora, pour sa prĂ©sence au milieu de tout cela â parce que transmettre, câest aussi partager ces expĂ©riences entre gĂ©nĂ©rations.
Merci Ă©galement aux Ă©quipes pĂ©dagogiques, aux enseignant·e·s et aux Ă©lĂšves du LycĂ©e Tracy de Vire pour leur confiance renouvelĂ©e. Cette dynamique rejoint Ă©galement notre coopĂ©ration CĂŽte dâIvoire Ă France, construite autour des rencontres, des expĂ©riences de terrain et de la transmission agricole.
Merci au Lycée La Salle Saint-Antoine à Bois pour la confiance accordée.
Et merci Ă la CommunautĂ© de Communes de lâEstuaire (CCE) pour son soutien et son accompagnement dans le contexte Natura 2000.
Ce chantier nous rappelle surtout une chose :
rien de tout cela ne se fait seul.
đ Et maintenant ?
đł DĂ©couvrir lâĂ©volution de notre ForĂȘt NourriciĂšre
đ De champ maraĂźcher Ă jeune ForĂȘt NourriciĂšre : dĂ©couvrir son Ă©volution
đ§ Comprendre les notions rencontrĂ©es dans cet article
đ FAQ & Glossaire : mares naturelles, zones humides et Natura 2000
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đ DĂ©couvrir la chasse au trĂ©sor « Alice et les Pâtites BĂ©bĂȘtes »
La mare est de nouveau devant nous.
Lâeau circule.
Les végétaux continuent leur chemin.
Et nous ?
Nous continuons Ă observer. đ§đżđȘ±
