Types de vers de terre : épigés, endogés et anéciques*

Types de vers de terre : épigés, endogés et anéciques*

🪱 50 nuances de Vers : tous les vers de terre ne se ressemblent pas

Quand on dit « ver de terre », on imagine facilement un seul et même animal.

Pourtant, derrière cette appellation se cachent de nombreuses espèces, avec des tailles, des couleurs, des habitats et des modes de vie différents.

Certains vivent principalement dans les matières organiques présentes à la surface.

D’autres évoluent davantage à l’intérieur du sol.

D’autres encore construisent des galeries pouvant descendre plus profondément.

Bienvenue dans 50 nuances de Vers. 🪱

Une série pour apprendre progressivement à mieux connaître ces animaux que l’on croise dans nos sols, nos jardins, nos forêts… et parfois dans nos lombricomposteurs.

🌱 Un ver de terre n’est pas forcément un ver de compost

C’est probablement la première distinction à retenir.

Tous les vers de terre ne sont pas adaptés au lombricompostage.

À la Ferme Happy’Vers, nous élevons notamment Eisenia fetida.

Cette espèce est adaptée aux milieux riches en matières organiques en décomposition. C’est l’une des espèces pouvant être utilisée dans un lombricomposteur lorsque les conditions lui conviennent.

Mais lorsque vous creusez dans votre jardin ou observez le sol d’une prairie, vous pouvez rencontrer des vers ayant des modes de vie très différents.

🪱 Trois grandes catégories écologiques

Pour mieux comprendre cette diversité, les vers de terre sont couramment regroupés en grandes catégories écologiques.

🍂 Les épigés

Ils vivent principalement près de la surface, notamment dans des milieux riches en matières organiques.

Ils sont généralement de petite taille et souvent fortement pigmentés.

Eisenia fetida, que nous utilisons pour le lombricompostage, appartient à ce groupe.

🌱 Les endogés

Les vers endogés vivent principalement dans le sol.

Ils y creusent des galeries et ingèrent de la terre contenant des matières organiques.

Leur mode de vie est donc très différent de celui des vers vivant principalement dans les matières organiques présentes en surface.

🕳️ Les anéciques

Les vers anéciques construisent notamment des galeries permanentes pouvant être relativement profondes.

Ils effectuent des déplacements entre différentes couches du sol et sa surface.

Le fameux Lumbricus terrestris fait partie des espèces généralement classées dans cette catégorie.

🌳 Et les vers que l’on rencontre en forêt ?

Sous les feuilles mortes et dans les matières organiques présentes à la surface des sols forestiers, différentes espèces de vers peuvent être rencontrées.

Mais il vaut mieux éviter de parler simplement de « vers de terreau » ou de « vers de feuilles » comme s’il s’agissait d’une espèce particulière.

Ce que nous observons dépend du milieu, du sol, de l’humidité, de la végétation et des espèces présentes.

Dans la litière forestière, les vers ne sont d’ailleurs pas seuls.

Cloportes, collemboles, acariens, champignons, bactéries et de nombreux autres organismes participent eux aussi aux transformations des matières organiques.

🍂 Les vers ne fabriquent pas l’humus tout seuls

Une feuille morte qui tombe au sol peut connaître une longue succession de transformations.

Elle peut être fragmentée, consommée et transformée par différents organismes.

Les vers participent à certains de ces processus.

Mais l’humus n’est pas simplement le résultat de la digestion des vers de terre.

Sa formation s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus complexe de transformations des matières organiques dans le sol.

C’est précisément pour cela qu’il est intéressant de regarder non pas seulement le ver…

mais tout le milieu dans lequel il vit.

🪱 Et le lombricompost ?

Même distinction ici.

Le lombricompost désigne une matière obtenue au terme d’un processus de lombricompostage.

Des vers de compost comme Eisenia fetida y participent avec de nombreux autres organismes.

Cela ne signifie donc pas que tout ce qui sort du système digestif d’un ver est du « lombricompost ».

Il faut distinguer :

🪱 les vers de terre,
💩 leurs déjections ou turricules,
🍂 les transformations de matières organiques dans les sols,
🌱 l’humus,
♻️ et le lombricompost obtenu dans un système de lombricompostage.

Ces notions sont liées, mais elles ne sont pas interchangeables.

🔎 Où chercher les vers ?

Si vous souhaitez commencer à observer leur diversité, regardez d’abord où vous les trouvez.

Sous des feuilles ?

Dans un tas de matières organiques en décomposition ?

Dans les premiers centimètres du sol ?

Plus profondément ?

Dans un composteur ?

Puis observez l’animal lui-même : sa taille, sa couleur, son comportement…

Identifier précisément une espèce demande davantage de critères, mais ces premières observations permettent déjà de comprendre que tous les vers ne vivent pas de la même manière.

🌈 Pourquoi « 50 nuances de Vers » ?

Parce que plus nous les observons, moins il devient possible de parler « du ver de terre » comme s’il n’en existait qu'un.

Cette diversité mérite donc plusieurs Perma’Tutos.

Nous irons progressivement découvrir leurs différents modes de vie, leurs habitats et les espèces que nous pouvons rencontrer.

Et surtout, nous apprendrons à ne plus demander à tous les vers de faire le même métier. 🪱

📚 Pour poursuivre

👉 Qu’est-ce que l’humus et comment se forme-t-il ?

👉 Vers de prairie : quels vers de terre creusent le sol ?

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