🤝 Retour au Terrier de la Salle à Laruscade : deux ans après, que devient le projet ?
Deux ans après le lancement du site de compostage, lombricompostage et jardinage de la Mairie de Laruscade, je suis retournée au Terrier de la Salle retrouver Clément, référent du projet.
Et c’est justement ce que j’aime dans ce type de visite.
Au moment de lancer un projet, nous avons des idées, des objectifs, des plans… mais ce n’est que quelques saisons plus tard que l’on commence réellement à voir comment le lieu est utilisé, ce qui a été conservé, ce qui a changé et ce que les personnes qui s’en occupent en ont fait.
Alors, deux ans après : où en est le Terrier de la Salle ?
🌱 500 kg de légumes sur 200 m² : le retour d’expérience de Clément
Première étape : le jardin municipal.
Clément me raconte qu’en 2024, pour la deuxième année consécutive, environ 500 kg de légumes ont été récoltés sur une surface d’environ 200 m², avec très peu d’arrosage artificiel et en moyenne deux heures de travail par semaine.
Les légumes récoltés sont ensuite partagés entre les employés de la mairie.
Ces chiffres correspondent au retour d’expérience du Terrier de la Salle. Ils ne constituent évidemment ni un rendement garanti ni une performance que l’on pourrait automatiquement reproduire sur une autre parcelle.
Et c’est précisément ce qui rend cette visite intéressante.
Plutôt que de chercher une recette, nous pouvons regarder ce qu’une équipe municipale a réussi à construire sur son propre terrain, avec ses contraintes, ses pratiques et son organisation.
💧 Quasi sans arrosage : qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
Cette information mérite qu’on s’y arrête.
Parce qu’il serait très tentant de regarder le jardin et d’en conclure immédiatement :
« Voilà la méthode pour cultiver sans arroser ! »
Ce serait beaucoup trop rapide.
Les besoins en eau d’un jardin dépendent de nombreux paramètres : météo, pluviométrie, caractéristiques du terrain, végétaux cultivés, période de plantation, pratiques mises en œuvre…
Le Terrier de la Salle nous donne donc un retour d’expérience local, pas une règle universelle.
La bonne question devient alors :
quelles pratiques ont été mises en place ici et comment le jardin a-t-il réagi au fil des saisons ?
👉 Comment aider le sol à garder l’eau ?
🪱 Et le lombricompostage dans tout ça ?
Le Terrier de la Salle n’est pas seulement un jardin.
Le projet associe également compostage et lombricompostage, avec un suivi réalisé depuis son lancement.
Happy’Vers a accompagné le démarrage du site aux côtés de Clément et poursuit les échanges autour du dispositif et de son utilisation.
Dans un lombricomposteur, certains biodéchets se décomposent progressivement en présence notamment de vers de compost et de nombreux autres organismes. Les matières évoluent au fil du temps et une matière issue de ce processus peut ensuite être récupérée : le lombricompost.
En revanche, nous ne pouvons pas regarder les récoltes du jardin et conclure qu’elles sont directement dues au lombricompost.
Plusieurs pratiques et de nombreux paramètres interviennent simultanément.
Le lombricompostage fait partie du projet. Il n’explique pas à lui seul les résultats observés.
👉 5 gestes essentiels pour démarrer le lombricompostage sans galérer
🏛️ Un projet porté dans la durée par la commune
En 2023, le Terrier de la Salle a été labellisé « Site Vitrine RCC ».
Mais une labellisation ne fait pas vivre un jardin toute seule.
Il faut des personnes derrière.
Et ici, il y a notamment Clément.
Depuis le lancement, il suit le site, expérimente différentes pratiques et les adapte aux réalités rencontrées sur place.
C’est probablement l’un des enseignements les plus intéressants pour les collectivités qui réfléchissent à ce type de projet :
installer un équipement ou aménager une parcelle n’est que le début.
Ensuite, quelqu’un doit observer, entretenir, ajuster et transmettre.
🔎 Deux ans après, ce qui nous intéresse a changé
Lorsque nous avons commencé à accompagner le Terrier de la Salle, beaucoup de questions portaient naturellement sur la mise en place.
Où installer les équipements ?
Comment démarrer ?
Comment organiser le suivi ?
Deux ans plus tard, les questions deviennent différentes.
Comment le jardin est-il utilisé ?
Quelles pratiques ont été conservées ?
Quelle quantité de légumes a réellement été récoltée ?
Combien de temps le suivi demande-t-il ?
Comment fonctionne le dispositif de compostage et de lombricompostage dans la durée ?
Et surtout :
qu’est-ce que Clément a changé depuis le démarrage ?
C’est là que le retour d’expérience devient vraiment précieux.
🤝 Accompagner ne signifie pas imposer une méthode
Le Terrier de la Salle est aussi une belle illustration de notre manière d’envisager l’accompagnement.
Happy’Vers apporte ses connaissances autour du lombricompostage, participe au suivi et échange avec le référent.
Mais le projet appartient à la commune et aux personnes qui le font fonctionner au quotidien.
Clément connaît son terrain.
Il observe.
Il teste.
Il adapte.
Et nous échangeons à partir de ce qui se passe réellement.
L’objectif n’est donc pas de reproduire à Laruscade exactement ce que nous faisons à la Ferme Happy’Vers.
C’est de construire quelque chose qui fonctionne dans le contexte du Terrier de la Salle.
🌍 Peut-on reproduire le Terrier de la Salle ailleurs ?
Pas à l’identique.
Et dans l’ancienne version de cet article, nous allions probablement trop vite en présentant le site comme un modèle « accessible et reproductible ».
Un autre jardin municipal aura une autre surface.
Un autre terrain.
Une autre exposition.
D’autres moyens humains.
D’autres usages.
Et probablement d’autres contraintes.
En revanche, l’expérience du Terrier de la Salle peut servir de support de discussion et d’observation pour d’autres collectivités.
Que faut-il anticiper ?
Quel temps faut-il réellement consacrer au projet ?
Qui devient référent ?
Comment organiser le suivi ?
Que fait-on lorsque les pratiques prévues au départ ne correspondent finalement pas au terrain ?
Voilà des questions beaucoup plus utiles qu’une recette prête à copier.
👀 La prochaine étape : continuer à observer
L’histoire du Terrier de la Salle continue.
Parmi les pistes envisagées figurent notamment la poursuite du suivi du site, l’accueil éventuel d’autres collectivités pour découvrir le retour d’expérience et de nouveaux ateliers-formations autour du lombricompostage.
Et finalement, revenir deux ans après nous rappelle quelque chose d’essentiel.
Un projet ne se juge pas uniquement le jour de son inauguration.
Il faut revenir.
Regarder.
Écouter la personne qui s’en occupe.
Comparer avec ce qui avait été imaginé au départ.
Et parfois découvrir que le projet a pris une direction que personne n’avait prévue.
💚 Merci Clément
Merci à Clément et à la Mairie de Laruscade pour la confiance accordée depuis le lancement du projet.
Deux ans après, le plus intéressant n’est finalement pas de pouvoir dire :
« Regardez, nous avions raison. »
C’est plutôt de pouvoir demander :
« Alors Clément… qu’est-ce qui s’est réellement passé depuis notre dernière visite ? » 😅
Et c’est exactement pour cela que nous reviendrons.
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