Potager-forêt : 4 ans d’expérimentations à la Ferme Happy’Vers*🌱🪱🌳*

Potager-forêt : 4 ans d’expérimentations à la Ferme Happy’Vers*🌱🪱🌳*

🌱 Un automne-hiver au potager-forêt : quatre ans d’évolution à la Ferme Happy’Vers

Voilà maintenant quatre ans que notre potager-forêt évolue à la Ferme Happy’Vers. Au départ, il fallait surtout nettoyer, comprendre la parcelle et commencer à l’aménager. Puis sont arrivées les premières buttes, les plantations, les ateliers, les stagiaires… et beaucoup d’ajustements. 😅

Durant l’automne-hiver 2024-2025, une nouvelle étape a été franchie avec Jayson et Lubin, nos jeunes stagiaires en immersion. L’occasion de préparer la saison suivante, mais aussi de regarder tout le chemin parcouru depuis le début du projet.

🌳 Quatre ans d’un projet qui continue à évoluer

Les premières années ont été consacrées au nettoyage des déchets présents sur la parcelle et à l’organisation progressive de l’espace. Puis le projet s’est construit saison après saison.

🌱 Printemps 2023 : création de la première butte lors d’un atelier-formation.

🌱 Automne-hiver 2023-2024 : poursuite du chantier avec nos stagiaires d’hiver et pendant différents ateliers-formations.

🌱 Automne-hiver 2024-2025 : entretien des espaces, récupération de matières présentes sur la ferme et préparation des buttes avec Jayson et Lubin.

Lorsque nous regardons aujourd’hui les premières photos, la différence est impressionnante. Non pas parce que nous aurions trouvé une méthode miracle, mais simplement parce que quatre années de plantations, d’aménagements et de travail ont progressivement transformé la parcelle.

🍂 Feuilles, branchages, broyat et lombricompost : utiliser ce que nous avons sur la ferme

Une partie du chantier a consisté à récupérer différentes matières disponibles sur place : feuilles mortes, branchages, broyat et lombricompost issu de notre activité de lombricompostage.

Ces matières ont été utilisées dans les buttes selon les pratiques que nous expérimentons sur cette parcelle.

Dans l’ancienne version de cet article, nous expliquions que Jayson et Lubin avaient ainsi « enrichi le sol », « nourri les vers » et produit un lombricompost « essentiel » aux plantations de 2025.

Aujourd’hui, nous préférons raconter simplement ce que nous avons fait.

Nous avons utilisé ces différentes matières pour préparer nos buttes et poursuivre nos observations au fil des cultures.

Le lombricompost fait partie de nos pratiques à la ferme, mais nous ne le présentons pas comme indispensable à la réussite des semis ou des plantations.

💧 Entre 0 et 3 arrosages : une observation sur notre parcelle

C’est probablement l’un des constats les plus intéressants réalisés sur ce potager-forêt : certaines cultures ont nécessité très peu d’arrosages de notre part, y compris pendant des périodes chaudes.

Selon les années et les zones concernées, nous avons observé entre 0 et 3 arrosages.

Mais attention à l’interprétation.

Cela ne signifie pas que notre méthode permet de créer un potager sans arrosage. Et nous ne pouvons surtout pas conclure que ce résultat serait dû au lombricompost ou à une pratique prise isolément.

Pluviométrie, cultures, couverture de surface, caractéristiques du terrain, ombrage, période de plantation et conditions météorologiques interviennent simultanément.

Nous conservons donc ce chiffre pour ce qu’il est : un retour d’expérience observé chez nous, sur cette parcelle et pendant ces saisons.

👉 Comment aider le sol à garder l’eau ?

🪱 Et les vers dans les buttes ?

Des vers peuvent être observés dans différentes zones de la ferme, mais tous n’ont pas le même mode de vie.

Les vers que nous élevons pour le lombricompostage, notamment Eisenia fetida, sont des épigés. Ils vivent principalement dans des matières organiques en décomposition.

Ils ne doivent donc pas être confondus avec l’ensemble des vers de terre présents dans les sols et nous ne cherchons pas à présenter nos buttes comme un moyen de « nourrir les vers » ou d’améliorer automatiquement leur présence.

Ce qui nous intéresse davantage, c’est d’observer quels organismes apparaissent dans les différentes matières et comment celles-ci évoluent au fil du temps.

👉 Ce que les vers racontent selon leur milieu naturel

🧹 L’hiver, c’est aussi ranger et rendre les espaces accessibles

Un potager-forêt, ce n’est pas uniquement planter et regarder pousser. Il faut aussi pouvoir y circuler. 😅

Jayson et Lubin ont donc participé au débroussaillage, à la tonte de certaines zones, au dégagement des allées ainsi qu’à la construction et au rangement du matériel.

Ces interventions permettent notamment de conserver des passages accessibles pour les personnes qui travaillent sur la parcelle et pour les groupes que nous accueillons à la ferme.

Certaines zones sont entretenues régulièrement. D’autres le sont beaucoup moins. Nous adaptons progressivement nos interventions aux usages de chaque espace.

🌿 Un potager-forêt, mais pas une forêt autonome

Le terme « potager-forêt » peut facilement faire imaginer un système devenu totalement autonome dans lequel il suffirait de cueillir ce que la nature produit.

Chez nous, ce n’est pas la réalité. 😅

Nous plantons.

Nous taillons parfois.

Nous débroussaillons certaines zones.

Nous apportons ou déplaçons des matières.

Nous arrosons lorsque nous estimons que cela devient nécessaire.

Nous remplaçons aussi certaines plantes qui n’ont pas survécu.

Notre potager-forêt est donc un espace cultivé et aménagé qui continue à évoluer, pas un système autosuffisant fonctionnant sans intervention humaine.

Et cette nuance nous paraît aujourd’hui essentielle.

🤝 Un chantier qui sert aussi à transmettre

Jayson et Lubin n’étaient pas simplement là pour « donner un coup de main ».

Le chantier faisait partie de leur immersion.

Observer une parcelle.

Comprendre son organisation.

Utiliser différents outils.

Participer à l’entretien.

Manipuler les matières disponibles.

Discuter des choix réalisés et proposer parfois d’autres solutions.

C’est cette dimension qui nous intéresse dans l’accueil de jeunes à la ferme : faire ensemble pour pouvoir ensuite discuter de ce que l’on vient réellement de faire.

🔎 Quatre ans plus tard, qu’avons-nous appris ?

Probablement qu’un projet de ce type ne suit jamais exactement le plan prévu au départ.

Certaines plantations fonctionnent.

D’autres non.

Une zone que nous pensions aménager d’une certaine manière évolue finalement autrement.

Les usages changent également avec les ateliers et les personnes qui passent par la ferme.

Alors plutôt que de chercher à présenter notre potager-forêt comme un modèle à reproduire, nous préférons désormais le considérer comme notre terrain d’expérimentation et d’apprentissage.

Nous pouvons raconter ce que nous avons fait.

Partager ce que nous observons.

Montrer ce qui a fonctionné chez nous et ce qui a échoué.

Mais la parcelle du voisin racontera probablement une autre histoire.

💚 Merci à celles et ceux qui font évoluer le potager-forêt

Un grand merci à Jayson et Lubin pour tout le travail réalisé pendant cette période, à Nora, Mahaba et Sébastien, ainsi qu’au Lycée Tracy de Vire.

Merci également à toutes les personnes qui, depuis les premières étapes du projet, ont participé aux plantations, aux ateliers, aux chantiers et aux réflexions autour de cette parcelle.

Quatre ans après le début de l’aventure, notre potager-forêt n’est toujours pas terminé.

Et finalement, nous ne sommes même plus certains qu’il doive l’être un jour. 😅🌳

Chaque saison apporte une nouvelle observation, une nouvelle idée… ou un nouveau chantier.

Rendez-vous dans quelques années pour voir ce que le terrain aura décidé de garder de tout ça.

📚 Pour poursuivre

👉 De la friche au potager-forêt – Version 3 : buttes forestières et lombricompostage

👉 De champ maraîcher à jeune forêt nourricière

👉 Comment aider le sol à garder l’eau ?

👉 Pourquoi plantons-nous autant d’arbres ?

👉 Découvrir le chantier Mandala

👉 Découvrir nos autres Perma’Tutos

🌿 Envie de découvrir nos expérimentations à la ferme ?

👉 Découvrir nos ateliers et formations

👉 Consulter nos prochains rendez-vous

👉 Nous contacter 

Retour au blog