🌍 Une paysanne au GSEF 2025 de Bordeaux
Une journée entre micro, solidarité internationale et rencontres
Le 29 octobre 2025, me voilà au Forum mondial de l’Économie Sociale et Solidaire — GSEF 2025, à Bordeaux.
Une journée que j’ai vécue en deux temps, dans deux lieux et presque deux atmosphères différentes.
D’abord le Palais 2 l’Atlantique.
Puis le Hangar 14.
Entre les deux : Bordeaux à traverser, quelques pas pour remettre les idées en place… et toujours cette même question en toile de fond : comment parler de ce que nous vivons réellement sur le terrain ?
🎙️ Étape 1 : le Palais 2 l’Atlantique et la parole juste
Je commence la journée au Palais 2 l’Atlantique.
L’atmosphère est très institutionnelle : costards, badges officiels, protocoles bien réglés. Des langues du monde entier se croisent dans un cadre presque solennel.
On sent que les enjeux sont sérieux et structurés.
Quelques jours plus tôt, Fabrice nous avait mis en lien avec Mickael Ballanger de Radio RIG.
Chacun·e d’entre nous était invité·e individuellement à témoigner pour le collectif Éducation à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale — ECSI Gironde.
Et là, c’est mon tour.
Avant de parler, je me recentre.
Micro tendu.
Je réponds aux questions.
Je parle de notre métier d’éleveurs de vers à compost. De ce que nous faisons en France. De notre coopération avec la Côte d’Ivoire. Mais aussi d’agriculture, de justice sociale, d’Économie Sociale et Solidaire, de climat et des réalités que nous rencontrons sur le terrain.
Ce n’était pas la première fois que je participais au GSEF. La précédente remontait à 2016, au Canada.
Cette fois, j’y allais détendue.
Mickael est très sympa. Même si c’était la première fois que je le rencontrais, j’ai rapidement eu l’impression que nous nous connaissions depuis longtemps.
Nous parlons de ce qui nous a amenés là et de notre présence au GSEF en tant que membres d’un collectif ECSI, avec :
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Fabrice Hlomador — Agrisud International
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Marion Hemery — Cool’eurs du Monde
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Sophie Duval — France Amérique Latine 33
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et moi, Mahaba SYLLA — Happy’Vers
Derrière nos structures et nos parcours différents, nous sommes là pour parler de solidarité internationale, de ce qui se passe concrètement sur le terrain et notamment des conséquences que peuvent avoir les tensions budgétaires sur les actions menées.
Pas pour prétendre avoir toutes les réponses.
Mais pour apporter nos expériences à la discussion.
🚶🏾♀️ Étape 2 : traverser Bordeaux, changer d’énergie
Je quitte ensuite le Palais pour rejoindre le Hangar 14.
Le trajet marque presque une transition intérieure.
L’atmosphère y est différente : moins institutionnelle, plus brute, plus détendue.
La CRESS Nouvelle-Aquitaine y a installé un espace ouvert au public, un lieu de circulation, de rencontres et d’échanges.
Et cette fois, nous changeons aussi de rôle.
Après avoir parlé…
place au jeu.
🎭 Notre atelier : vivre un projet de solidarité internationale
Nous proposons une mise en situation autour d’un projet fictif : une école à construire en Guinée.
Chacun reçoit un rôle.
Habitant·e local·e, bailleur, membre d’ONG, commerçant·e, élu·e…
Et maintenant ?
Il faut décider.
Une douzaine de personnes s’installe autour de la table.
Ce n’est pas une foule.
Mais très vite, les discussions s’animent.
Parce qu’une fois que chacun entre dans son personnage, les intérêts ne sont plus forcément les mêmes.
Qui décide ?
Qui finance ?
Qui connaît réellement le territoire ?
Qui porte le projet ?
À qui doit-il répondre ?
Et surtout : que se passe-t-il lorsque plusieurs visions d’un même projet se rencontrent ?
Le jeu permet de faire apparaître très concrètement les rapports entre les différents acteurs et la complexité que peut prendre un projet de solidarité internationale.
Et c’est probablement là que cet atelier devient intéressant.
On ne parle plus de coopération comme d’une idée abstraite.
Pendant quelques instants, on essaie de se mettre à la place de l’autre.
💚 Un immense merci
Ce périple bordelais n’aurait pas eu la même saveur sans celles et ceux avec qui je l’ai partagé.
Alors merci à :
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Fabrice, Marion et Sophie, mes ami.e.s de la Dynamique ECSI 33 ;
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Mickael, pour la bienveillance et la simplicité de notre échange ;
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la CRESS Nouvelle-Aquitaine, pour l’organisation et l’accueil dans ces espaces de dialogue ;
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et toutes les personnes croisées autour de la table, du micro ou simplement entre deux étapes de cette journée.
🌍 Ce que je retiens, au fond
En tant que paysanne engagée dans des projets ici et en Côte d’Ivoire, il me semblait important d’être présente et de pouvoir apporter cette expérience aux échanges.
Je garde en mémoire le fait d’avoir été là, avec mes ami.e.s, au nom d’un collectif.
Je garde l’instant où je prends le micro.
Les regards autour de la table pendant le jeu.
Les discussions après l’atelier.
Et surtout une chose : la coopération ne se résume pas à une bonne intention.
Elle se construit avec des personnes, des territoires, des réalités différentes, des désaccords parfois et beaucoup de questions.
C’est aussi pour cela que ces espaces de rencontre comptent.
Ils permettent de confronter les expériences, d’écouter ce que vivent les autres et, parfois, de regarder autrement ce que nous faisons nous-mêmes.
🪱 Et Happy’Vers dans tout ça ?
Chez nous, l’histoire commence toujours avec les vers à compost.
Notre métier nous amène à travailler autour du lombricompostage, de la lombriculture, de la gestion de certaines matières organiques, mais aussi à transmettre ces pratiques lors d’ateliers, de formations et de projets de terrain.
Depuis 2022, cette histoire s’écrit également entre la France et la Côte d’Ivoire, à travers des rencontres, des échanges et des projets de coopération.
C’est ce chemin qui nous a amenés jusqu’au GSEF.
Et finalement, c’est peut-être cela que je suis venue raconter ce 29 octobre 2025 :
comment une histoire qui commence avec quelques vers peut nous emmener beaucoup plus loin que prévu. 🪱🌍
🌱 Et maintenant ?
Si ces sujets vous parlent — agriculture paysanne, justice sociale, solidarité internationale, coopération entre territoires — alors peut-être que nos chemins peuvent se croiser.
Chez nous, l’histoire commence par un métier très concret : l’élevage de vers à compost. 🪱
À la ferme, nous pratiquons la lombriculture et le lombricompostage, proposons des vers à compost, des équipements et des matières issues du lombricompostage, et partageons notre expérience à travers nos activités pédagogiques et nos accompagnements.
Mais au fil des années, cette petite porte d’entrée nous a conduits vers bien d’autres rencontres : agriculture, transmission, éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale, coopération entre la France et la Côte d’Ivoire…
C’est aussi cela que racontent aujourd’hui nos ACTUS COOP.
👉 Découvrir nos BASES & GUIDES LOMBRIC
👉 Suivre nos ACTUS COOP Côte d’Ivoire × France
Nous avançons pas à pas, au fil des projets et surtout des rencontres avec celles et ceux qui font vivre ces coopérations sur leurs territoires. 🌍🤝
