Doryphores sur les pommes de terre : les reconnaître et réagir*

Doryphores sur les pommes de terre : les reconnaître et réagir*

🥔 Doryphores sur les pommes de terre : comment les repérer et réagir au jardin ?

Chaque année, c’est parfois la même histoire.

Les premières feuilles de pommes de terre sont grignotées. Puis apparaissent sous les feuilles des grappes d’œufs jaunes, suivies de petites larves rouge orangé particulièrement voraces.

Face à cette arrivée, le premier réflexe est souvent de chercher immédiatement un traitement ou un répulsif.

Mais avant de sortir l’artillerie lourde, prenons quelques minutes pour regarder qui est vraiment ce petit coléoptère rayé, comment se déroule son cycle et ce que l’on peut observer lorsqu’il apparaît au potager.

🪲 Qu’est-ce qu’un doryphore ?

Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata) est un coléoptère facilement reconnaissable à ses élytres jaunes parcourus de bandes noires.

On l’observe principalement sur les plantes de la famille des solanacées, notamment les pommes de terre et les aubergines.

Les adultes passent une partie de l’hiver dans le sol avant de réapparaître lorsque les conditions deviennent favorables. Les femelles déposent leurs œufs sous les feuilles, généralement sous forme de petits amas jaune-orangé.

Quelques jours plus tard, les larves apparaissent.

Et là, difficile de ne pas remarquer leur présence : feuille après feuille, elles peuvent consommer une quantité importante de végétation.

🔎 Pourquoi y en a-t-il autant cette année ?

Lorsqu’on découvre une dizaine de doryphores sur ses pommes de terre, une question arrive immédiatement :

« Comment est-ce que je m’en débarrasse ? »

Mais une seconde mérite aussi d’être posée :

« Pourquoi sont-ils aussi nombreux ici ? »

La quantité de plantes disponibles, la présence de pommes de terre cultivées plusieurs années dans un même secteur, les conditions météorologiques ou encore les possibilités d’hivernage peuvent participer à la présence des doryphores.

Plutôt que de chercher une cause unique, commençons donc par observer le contexte dans lequel ils apparaissent.

👀 1. Observer régulièrement les plants

Premier réflexe : retourner quelques feuilles.

Les œufs sont généralement déposés sous celles-ci et leur couleur jaune-orangé permet souvent de les repérer assez facilement.

Cette observation permet surtout de déterminer à quel stade du cycle se trouvent les doryphores présents dans votre jardin : adultes, œufs ou larves.

Pas besoin d’y passer l’après-midi. Lorsqu’on connaît leur apparence, quelques minutes suffisent pour examiner plusieurs plants.

Et cela peut même devenir une petite chasse au trésor avec les enfants. 🧐

🖐️ 2. Le ramassage manuel

Sur une petite surface, les adultes, les larves et les feuilles portant des œufs peuvent être retirés manuellement.

Cette méthode demande évidemment de revenir observer régulièrement les plants, notamment lorsque plusieurs générations ou différents stades du doryphore sont présents simultanément.

Elle a toutefois un avantage appréciable : on voit exactement ce que l’on retire et où on l’a trouvé.

🐔 3. Et les poules dans tout ça ?

À la Ferme Happy’Vers, la présence des poules fait partie de nos expérimentations.

Nous avons notamment travaillé sur un poulailler mobile associé à nos espaces de lombricompostage, ce qui nous permet d’observer leur comportement dans différentes parties de la ferme.

Les poules consomment de nombreux petits organismes et insectes lorsqu’elles explorent une parcelle. Leur présence autour des cultures demande cependant de la surveillance : elles ne font évidemment pas la différence entre « l’endroit où nous aimerions qu’elles grattent » et le jeune plant que nous préférerions conserver. 😅

👉 Découvrez notre retour d’expérience sur la construction d’un poulailler mobile associé au lombricompostage

🌿 4. Et les préparations à base de plantes ?

Ail, tanaisie et autres préparations végétales sont régulièrement cités dans les pratiques de jardinage contre les doryphores.

Mais attention à ne pas transformer ces pratiques en recettes miracles.

Leur composition, leur concentration, leurs conditions d’utilisation et les végétaux sur lesquels elles sont appliquées peuvent varier. Certaines préparations végétales utilisées comme produits phytopharmaceutiques sont par ailleurs encadrées réglementairement.

Nous préférons donc ici mentionner leur existence sans donner de recette de traitement ni promettre de résultat.

Avant toute utilisation d’une préparation sur une culture, renseignez-vous sur les usages et précautions applicables.

🌱 5. Observer les associations végétales

Ail, oignon, lin ou raifort sont également régulièrement cités par les jardiniers lorsqu’ils parlent des doryphores.

C’est un sujet intéressant à expérimenter, à condition là encore de ne pas en faire une garantie.

Vous pouvez par exemple noter les végétaux présents autour de vos pommes de terre, comparer plusieurs zones du jardin et observer au fil de la saison où apparaissent les adultes, les œufs et les larves.

Le jardin devient alors un véritable petit laboratoire à ciel ouvert.

🍂 6. Que peut-on observer sous un paillage ?

Un espace paillé présente des conditions différentes d’un sol laissé découvert : matières organiques en surface, zones d’ombre, humidité variable et présence de nombreux petits organismes.

Le doryphore passant une partie de son cycle dans ou à proximité du sol, il peut être intéressant d’observer également ce qui se passe au pied des pommes de terre, plutôt que de regarder uniquement les feuilles.

👉 Découvrez notre Perma’Tuto consacré au paillage et à ce que l’on peut observer à la surface du sol

🔄 7. Changer l’emplacement des cultures

Le doryphore passe l’hiver dans le sol avant que les adultes ne ressortent.

Cette caractéristique explique pourquoi la localisation des pommes de terre d’une année sur l’autre mérite d’être observée.

La rotation des cultures fait partie des pratiques utilisées par les jardiniers et les agriculteurs. Elle consiste simplement à ne pas installer systématiquement les mêmes familles de végétaux au même endroit chaque année.

Là encore, il ne s’agit pas d’une garantie contre les doryphores : les adultes peuvent se déplacer.

Mais connaître leur cycle permet de mieux comprendre pourquoi leur présence peut varier d’une parcelle et d’une année à l’autre.

🧩 La vraie question : que nous raconte leur présence ?

Finalement, les doryphores sont peut-être intéressants pour une autre raison.

Ils nous obligent à regarder.

Combien sont-ils ? Où trouve-t-on les œufs ? Quels plants sont concernés ? Quand les premiers adultes sont-ils apparus ? Cultivions-nous déjà des pommes de terre ici l’année précédente ? Quels autres insectes observons-nous ?

Une forte présence peut correspondre à plusieurs facteurs simultanés : disponibilité importante de plantes hôtes, conditions météorologiques, cycle des populations présentes localement ou pratiques culturales.

Et c’est précisément pour cela que l’observation reste notre point de départ.

🌿 Doryphores, lombricompost et jardin : ne mélangeons pas tout

Il peut être tentant d’établir un lien direct entre l’état d’un jardin, le lombricompost et la présence ou l’absence de ravageurs.

Nous préférons être beaucoup plus prudents.

Le lombricompost est une matière issue du lombricompostage. Sa présence ne permet pas d’affirmer qu’une culture résistera mieux aux doryphores, ni qu’elle empêchera leur installation.

Chez Happy’Vers, lorsque nous parlons de lombricompostage, nous nous concentrons donc sur ce que nous connaissons et observons : les vers de compost, la décomposition des matières organiques et le fonctionnement de nos installations.

👉 Découvrir nos lombricomposteurs en bois Douglas

👉 Découvrir notre lombricompost, matière issue du lombricompostage

🥔 Alors, que faire lorsque les doryphores arrivent ?

Commencez par observer avant d’intervenir.

Retournez les feuilles. Repérez les œufs. Regardez si vous trouvez des adultes ou des larves. Notez les zones concernées et revenez quelques jours plus tard.

Sur une petite surface, le ramassage manuel permet également d’intervenir directement sur les individus observés.

Et surtout, gardez une trace de ce qui se passe.

Une photo prise aujourd’hui, une date notée dans un carnet et quelques observations peuvent devenir très intéressantes lorsque les pommes de terre seront cultivées à nouveau l’année suivante.

Parce qu’un Perma’Tuto n’a pas forcément besoin de vous donner la recette miracle contre les doryphores.

Il peut aussi vous apprendre à mieux les connaître. 🪲🥔

🍅 Le mildiou s’invite aussi dans vos pommes de terre ?

Les doryphores ne sont pas les seuls visiteurs capables de modifier rapidement l’apparence d’une parcelle de pommes de terre.

👉 Découvrez notre retour d’expérience consacré au mildiou

🌱 À la Ferme Happy’Vers

Nos jardins sont avant tout des espaces d’expérimentation et d’observation.

Vers de terre, vers de compost, insectes, végétaux, poules, matières organiques… nous regardons ce qui se passe, testons certaines pratiques et partageons ensuite avec vous ce que nous avons appris.

Pour poursuivre vos propres découvertes :

👉 🪱 Découvrir nos lombricomposteurs

👉 🌿 Découvrir notre lombricompost

👉 🌱 Découvrir nos semences

📅 Envie d’aller plus loin ?

👉 Retrouvez nos prochains ateliers, formations et animations

Alors la prochaine fois que vous croisez un doryphore, avant de lui déclarer la guerre… retournez peut-être d’abord la feuille. 🪲👀

Retour au blog